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HAUT DOUBS FEMMES

Média Inspiration et Tendance Franco-Suisse- Blogzine féminin qui donne l'envie d'oser

Olivia Guyon, l'éducation, la persévérance et le golf pour construire un monde meilleur

A 45 ans, Olivia Guyon fait sa rentrée en tant que principale-adjointe dans un nouveau collège, Victor Hugo à Besançon, après avoir tenu ce poste au collège Philippe Grenier de Pontarlier depuis 2015. Convaincue que l'éducation est primordiale dans la société, cette ancienne professeur de physique-chimie, maman d'un garçon, présidente du comité départementale de golf du Doubs,  poursuit son engagement au sein du conseil municipal de Pontarlier. 

Rencontre avec une femme engagée, passionnée, qui change la vision de l'éducation : 

Olivia Guyon, l'éducation, la persévérance et le golf pour construire un monde meilleur


- L'éducation tient une place importante dans votre vie. Comment cette vocation s'y est-elle installée ? 

« L’Education est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde » a dit Nelson Mandela.
Comme l’a également si justement exprimé Kofi Annan « Rien n’est plus important que de bâtir un monde dans lequel tous nos enfants auront la possibilité de réaliser pleinement leur potentiel et de grandir en bonne santé, dans la paix et la dignité ».

En effet, l’éducation est primordiale dans une société. C’est un droit. Elle ne peut être théorique. Elle ne consiste pas à faire d’un enfant ce que l’on a envie qu’il soit mais lui permettre de réaliser son potentiel. Et l’école contribue à cette éducation mais les parents ont aussi un rôle à jouer.
Je remercie d’ailleurs mes parents car ils m’ont apporté cette éducation et ont cru en moi.
J’ai donné des cours de piano et des cours particuliers en maths et physique quand j’étais étudiante. J’ai également pratiqué d’autres jobs d’été. Travailler a toujours fait partie de ma vie 😉.

Aussi, je pense comme bon nombre de petites filles, j’aimais jouer à la maîtresse (mais pas que ….rires). L’enfance passe et les études suivies à la Fac m’ont conduites à faire un choix après la Licence : la recherche ou l’enseignement. J’ai choisi l’enseignement et j’ai passé le CAPES es Sciences Physiques. Un premier poste dans des conditions plus que favorables sur Besançon durant une année en tant que stagiaire. Puis une expérience en région parisienne difficile mais tellement formatrice. C’est un métier, comme tous les autres sans doute, où il faut savoir se remettre en question. Les élèves rencontrés à cette époque m’ont, très justement, posé la question suivante : à quoi cela va nous servir plus tard de savoir tout ça ? Ils n’avaient pas tort car cette discipline évoque des phénomènes qu’on ne voit pas qu’on ne sent pas et qu’on ne peut pas toucher…..Que de l’abstrait !!!!
Alors il a fallu accepter cette remarque et leur proposer des cours ludiques, toujours rapportés à la vie quotidienne, à du concret.

J’ai donc tout recommencé mes cours. Un travail conséquent mais nécessaire et que je ne regrette pas. Et chaque année, j’ai repris tous ces cours, cherchant toujours et encore à les améliorer. Et ensemble nous les avons construits. Finalement, même si cela a été difficile de travailler avec eux à cette période avec peu d’expérience en plus, je les remercie car depuis j’ai toujours construit mes cours en pensant à eux, en pensant aux élèves les plus en difficultés. Comment les aider en classe mais aussi en dehors de la classe ? Comment les motiver ? Comment leur faire avoir le goût d’apprendre, d’être fier d’acquérir des compétences, d’avoir envie de partager ce qu’ils ont fait en classe à la maison ? 
Ils se dévalorisent sans cesse, se disent « nuls », ne rien comprendre et grâce à eux et l’esprit d’équipe avec les collègues, nous avons essayé de changer tout cela.

Le plaisir d’apprendre, de faire, faire pour apprendre, apprendre pour faire… S’intéresser à eux, à leurs vies….Arriver avec le sourire, ne pas les juger, être dynamique, respectueuse et juste.
Être exemplaire ! 
C’est cela aussi l’éducation à mon sens. Voilà ce qui a toujours été un moteur dans ce métier : développer une pédagogie ludique, différenciée, au service des plus faibles mais finalement bénéfiques pour tous.

Aujourd’hui, même avec une nouvelle fonction, celle de personnel de direction, ces valeurs restent tout aussi valables. Je mène régulièrement des entretiens avec des élèves, des adultes. Des résultats, un comportement, sont toujours la partie immergée d’une situation souvent plus complexe, mais cachée par pudeur.
 

Olivia Guyon, l'éducation, la persévérance et le golf pour construire un monde meilleur

- Quelle philosophie souhaitez-vous transmettre à travers vos postes de principale-adjointe d'abord au collège Ph Grenier de Pontarlier (combien de temps) et à la rentrée à Victor Hugo à Besançon ? 

Persévérer !
Je suis fonctionnaire d’Etat avec tout ce que cela comporte. Je dois faire preuve d’un grand sens du service public et notamment d’une attention toute particulière pour les publics les plus fragiles. Je suis très engagée dans tout ce que je fais. J’aime ce que je fais.
J’ai passé le concours de personnel de direction en 2015 et ai été nommée au CLG Grenier, dans lequel je suis restée 6 ans pour des raisons avant tout personnelles.
Je n’ai pas endossé un rôle en passant de professeur à personnel de direction, même si les équipes vous voient comme « l’Administration » du jour au lendemain avec un grand A (je déteste ce mot qui pour moi ne veut rien dire. Je ne sais ce que c’est l’Administration).
Je pense être force de proposition pour mettre en place des dispositifs répondant aux enjeux du collège et adapté à la population scolaire. Les actions sur la persévérance scolaire qui plus est dans un contexte très particulier en est une illustration significative.
Je pense aussi que ma personnalité et mon dynamisme permet de fédérer les personnels autour de projets, de les susciter et de les accompagner.
Mon aisance naturelle, peut-être, et mon professionnalisme me permettent de nouer des relations avec un grand nombre de partenaires qu’ils soient institutionnels ou non d’ailleurs. Cette ouverture et cette capacité à assurer des liens avec l’environnement sont essentielles à mon égard.
Le monde de l’école me donne parfois l’impression d’être un monde, une bulle à part du monde réel, celui de la vraie vie, du monde du travail. Or ces deux mondes ont besoin de coexister, d’échanger, d’avancer ensemble. Ils ne peuvent pas être seulement côte à côte.


A plusieurs reprises, j’ai été amenée à dire aux collaborateurs « osez », prenez du recul et du plaisir dans votre travail. Sachez vous remettre en question, évoluez. Ma motivation principale est de stimuler, d’accompagner, faire avancer, évoluer.

 

Olivia Guyon, l'éducation, la persévérance et le golf pour construire un monde meilleur

- Votre engagement politique comme adjointe à l'éducation à la mairie de Pontarlier va en ce sens et appuie vos convictions ? 

Je n’aurais jamais eu l’idée de demander à faire partie d’une liste municipale au moment où cela m’a été proposé. Mais Patrick Genre m’a fait confiance et j’ai accepté de rejoindre son équipe. Une nouvelle aventure, pas décontextualisée par ailleurs, a commencé.
Les collectivités font partie de nos partenaires et il existe ce qu’on appelle la liaison écoles/collège. De plus, je suis maman d’un garçon scolarisé à l’école et j’ai toujours été représentante des parents d’élèves. Bref comme si cet engagement était logique au fond.
Alors oui des dossiers me tiennent à cœur pour les mêmes raisons que celles déjà évoquées précédemment et même si mon rôle est moins pédagogique dans cette fonction.
La Ville de Pontarlier affirme sa volonté de s'inscrire solidairement et durablement dans la démarche « Ville amie des enfants » et donc de s'engager pour le bien-être de chaque enfant, la lutte contre l’exclusion, la discrimination et pour l’équité, proposer et assurer un parcours éducatif de qualité à tous les enfants et les jeunes de son territoire, promouvoir et valoriser la participation et l’engagement de chacun et contribuer avec l’UNICEF à sensibiliser au respect des droits de l’enfant en France et dans le monde.
Parce que les enfants d'aujourd'hui seront les citoyens, adultes en devenir, engagés et responsables de demain, la Ville de Pontarlier souhaite favoriser l'expression et la réflexion des enfants, adolescents et jeunes en créant et faisant vivre des espaces de parole, comme le conseil des jeunes pour faciliter la prise de décisions dans différents domaines, définir et planifier des projets plébiscités par leurs soins et en les intégrant dans différents projets comme la conception d’une cour d’école.
En créant les conditions d'une démocratie participative dans laquelle chaque acteur de la vie éducative aura sa place, la Ville de Pontarlier contribue au vivre ensemble, en tant que citoyen, dans le respect de chacun et valorise les jeunes par rapport à leur investissement dans la vie collective, les projets ou activités dans lesquels ils s’engagent.
Aussi, pour favoriser ce vivre ensemble, il est important de mieux se connaître pour mieux se comprendre. La différence doit être une richesse et non discriminatoire. A travers une gouvernance partagée et concertée, la Ville de Pontarlier doit contribuer, par ses diverses actions (sécurité routière, harcèlement, violences, santé, environnement, chantiers jeunes, parité filles garçons…) à protéger, accompagner, informer, former sa jeunesse aux côtés de ses partenaires, en garantissant une équité et une justice pour tous. 
La Ville de Pontarlier souhaite contribuer à l’épanouissement des jeunes de son territoire et à l’égalité des chances en leur donnant les mêmes conditions de réussite sur le plan de la scolarité, d’accès à la culture, aux activités sportives, aux loisirs, à la formation et l’emploi, en garantissant un accueil adapté aux enfants en situation de handicap.
Mieux connaître notre jeunesse, leurs habitudes et modes de vie fait partie de nos préoccupations. Les questionner à ce sujet nous permet de mieux structurer l’offre de réponse et avoir une vraie dynamique de convergence entre le projet politique et l’ensemble du travail collectif notamment avec nos partenaires de terrain. Une consultation auprès des jeunes, notamment sur la redéfinition de plusieurs espaces dans la Ville est également prévue pour construire ensemble de nouveaux lieux d’accueil, de détente de convivialité et d’informations.
Si je peux contribuer à tout cela, alors j’en suis très heureuse.

Olivia Guyon, l'éducation, la persévérance et le golf pour construire un monde meilleur

- Est-ce facile de combiner cet engagement et la vie de famille ? 

Rien n’est jamais facile dans la vie non ? 
Je pense qu’une maman épanouie rend un enfant épanoui. Ce n’est pas la quantité mais la qualité des moments passés avec votre enfant qui compte, être là dans des moments importants comme un examen de piano, une représentation de théâtre, une rentrée des classes, quand il est malade, le matin au réveil….
J’ai toujours fait en sorte d’être là dans ces moments si précieux. Alors on communique, on écoute, on s’organise, on anticipe, on travaille différemment. Il y a une grande complicité entre mon fils et moi et ça le rassure de voir sa maman heureuse et épanouie. Il est fier de sa maman et je suis fière de lui.


- Comment va se passer cette rentrée scolaire 2021-2022 pour vous alors ? De nouveaux challenges ? 

Un nouvel établissement à la rentrée, une nouvelle aventure, d’autres collaborateurs, d’autres façons de travailler. Une vraie richesse !
J’ai assuré la liaison cet été avec la personne qui va me succéder au CLG Grenier et j’ai préparé mes cartons (moins drôles cela).
Je suis plutôt sereine et j’appréhende cela avec optimisme.


- Qu'est-ce que cette nouvelle aventure va vous apporter ? 


Que ce soit dans la vie ou sur le plan professionnel, il faut toujours avancer et ne pas stagner.
Une nouvelle expérience, c’est sortir de sa zone de confort mais c’est progresser et s’ouvrir à de nouvelles choses : de nouveaux collaborateurs, de nouveaux élèves, une nouvelle vie !
Je n’aime pas la routine… 
😊

 

Olivia Guyon, l'éducation, la persévérance et le golf pour construire un monde meilleur

- Depuis quand jouez-vous au golf ? Comment avez-vous découvert ce sport ? Que vous apporte sa pratique ? 

Je l'imaginais comme un sport que je pourrais pratiquer à la retraite. Il était aussi un exercice de physique-chimie, comme quoi, la vie est étonnante ! C'est un petit clin d'oeil ! Puis des problèmes de genoux m'ont fait réduire la course à pied, et j'ai rencontré mon prof de golf en inscrivant mon fils aux cours de ski aux Fourgs. Je m'y suis donc mise plus tôt que prévu, et ai obtenu ma carte verte. J'ai alors commencé les compétitions. Mon fils a également pris des cours en même temps que moi. C'est un plaisir que l'on partage ensemble ! 

Pourquoi j'aime le golf ? parce que c'est un sport où il faut être humble, même quand on progresse, on fait des mauvais coups, parce que c'est un sport où il faut énormément se concentrer, qui permet de décompresser complètement, on joue face à soi-même. C'est un des seuls sports où on peut pratiquer de façon mixte : homme-femme / enfant-adulte. En cela c'est bien car il y a une mixité à tout point de vue. 

Comme tout le reste, il demande de la persévérance ! J'ai envie de faire mieux ! C'est aussi de la stratégie ! 

L'ambiance est agréable, vous pouvez discuter avec des personnes que vous ne connaissez pas pendant 4 heures, en pleine nature, avec des paysages agréables. C'est très complet pour moi et j'ai plaisir à continuer ! Mon fils progresse plus vite que sa maman !

Je travaille en collaboration avec Muriel Foulquié (Présidente de la commission Jeunes – golf scolaire à la FFGOLF) sur le développement du golf en milieu scolaire et universitaire et Annie Roudaut (Membre du Comité Directeur de la FFGOLF 2021-2024).

Olivia Guyon, l'éducation, la persévérance et le golf pour construire un monde meilleur

Si elle ne s'est jamais posé la question de sa philosophie de vie, Olivia Guyon la considère comme un long fleuve qui n'est pas tranquille. Qu'est-ce qui l'anime ? Vous l'aurez compris : Être en accord avec elle-même dans ce qu'elle fait, dans ce qu'elle est. "Trouver ma place dans une société dans laquelle le respect, la justice, l’équité font partie de mes valeurs." Le besoin de nourrir son intellectuel, de résoudre des problèmes, de réaliser des projets rejoint ses valeurs de travail et de persévérance.

 

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